Stéphane Méterfi s’est donné comme objectif d’améliorer l’image des quartiers

Stéphane Méterfi est l’un des créateurs de Débarquement Jeunes, une association d’animation sociale créée en 1994 qui a pour but d’améliorer l’image des quartiers en sensibilisant les jeunes au fonctionnement des institutions comme la mairie, l’Education nationale ou la justice et de personnes clés de la vie en collectivité comme le médecin, le pompier, le policier ou le chauffeur de bus.
Stéphane Méterfi a survécu à une jeunesse turbulente et aux nombreuses morts qui ont jalonné son adolescence. Il a su saisir une chance et changer sa vie, avant de changer celles des autres.
“ Je suis né à Rouen le 6 janvier 1972. J’ai grandi à Saint-Etienne-du Rouvray dans un quartier qui s’appelle La Houssière. Mes souvenirs d’enfance, c’est une joyeuse bande qui joue en bas des immeubles, avec les grands frères qui nous tiennent à l’œil, l’air de rien. On est au bac à sable, au tourniquet et dans un grand terrain vague juste à côté. J’ai six ou sept ans et je découvre les autres. Mes copains sont comme mes frères. On est tout le temps ensemble, à la maternelle, au centre de loisirs et à l’école primaire. On sort rarement du quartier parce que tout ce dont on a besoin est à proximité. Mon père a fait la guerre pour la France. Il aime la France, la République et le respect. C’est un Harki. Quand j’étais gosse, je ne comprenais pas pourquoi d’autres arabes disaient qu’on était des traîtres. Mon père n’en parlait jamais. Il était ouvrier en usine et ma mère était à la maison. Elle nous élevait. On était onze frères et sœurs. Je suis le troisième en partant du dernier-né. Le plus vieux est né en 1961 et le plus jeune en 1974. On a tous des prénoms français sauf notre aîné Ahmed qui est né en Algérie. Ça m’a servi de m’appeler Stéphane… Par exemple lorsque je me faisais contrôler par la police ou alors quand je téléphonais pour décrocher un boulot !
On a été élevés à l’européenne, en respectant les anciens. On ne mangeait pas de porc. Mes parents sont originaires d’El Esnam, près d’Orléansville.
Je n’ai encore jamais été là-bas, mais ça commence à me trotter.

J’étais au Collège Picasso, dans une classe où ils avaient mis les gars les plus chauds ensemble. Je ne sais pas si c’était une si bonne idée ? C’est un peu l’âge où chacun essaye de surpasser l’autre dans les “ conneries ”. J’aimais bien l’école. J’étais souvent délégué de classe. J’avais la “ tchache ”, je ressemblais un peu à Smaïn et je faisais marrer mes camarades.
J’adorais aller parler avec les profs ou avec le proviseur. J’aimais les manifs et les grandes discussions, insuffler un peu de vie dans la machine ! On mettait un peu la pagaille, mais toujours en riant, c’était bon enfant.
Je m’en aperçois lorsque je retourne dans des collèges ou des lycées pour y faire des interventions. Je peux dire qu’on était vraiment des amateurs. Aujourd’hui, ils me font carrément peur. L’ambiance est électrique, la violence est gratuite. Pour un rien, ça part en délire. On n’était pas des anges, mais on ne se baladait quand même pas avec des couteaux dans l’enceinte du collège. Si on le faisait, on se prenait de sacrées raclées. Aujourd’hui, ils pensent qu’ils n’ont plus d’avenir, ils regardent la télé et ils imitent ce qu’ils y voient. Enfin…

J’ai l’impression que nous étions heureux. Nous avions des projets. On travaillait pour se payer le permis, on passait les brevets d’animateurs. Quand on était gosses, on allait au centre de loisirs et on y apprenait plein de choses. De plus, dans une famille très nombreuse on était obligés de filer un coup de main à la mère, mettre la table, ranger, aider pour les courses. Ça a l’air con, mais ça éduque. Alors quand on dit ça, on a les discours du genre : “ Ouais, tu traînes plus avec nous, t’es qu’une tapette ! ” Mais il faut savoir si on veut s’en sortir ou glander toute sa vie.
Disons, qu’à un moment donné, j’ai arrêté les conneries.
J’ai eu ma période, je me suis fait choper pour vol, j’ai zoné comme il faut, mais un jour j’ai dit stop ! La drogue arrivait en masse et ça ne me plaisait plus du tout. Ça changeait les rapports qu’on avait entre nous. Avant cela, je me rappelle que les aînés fumaient des pétards, mais tranquilles, en cachette. Ils allaient dans un bois à côté de la cité, ils ne se montraient pas. Et puis d’un coup, ce n’était plus caché…
Le sport m’a fait du bien. J’ai joué au foot bien sûr, mais j’aimais encore plus la boxe. Mon grand frère la pratiquait et j’allais le voir s’entraîner à la salle. J’en ai fait à mon tour. Ça m’a structuré. La grande différence elle est là. Nous, on était “ cadrés ” par nos grands frères. Aujourd’hui, les familles sont un peu moins nombreuses et les frères, soit ils sont au trou pour des trucs graves, soit ils ont réussi à s’en sortir, ils se sont mariés et ils sont partis du quartier. S’ils restent, ils deviennent des références du type “dealer ”, “ businessman ” ou spécialiste de la “ thune ” facile. Il y a une radicalisation et une surenchère qui a fait voler en éclat la belle solidarité qu’il y avait entre nous. Aujourd’hui la vie est plus dure. Désormais, le concept des grands frères, en banlieue, ça ne veut plus rien dire.
Mon grand frère, je peux dire qu’il nous a carrément élevé. Mes parents ne savaient ni lire ni écrire. C’est lui qui venait aux réunions avec les profs, qui regardait le carnet de notes, allait aux conseils de discipline et faisait toutes les démarches administratives.

La mort de mon frère
Lorsque j’étais en Terminale, l’année du bac et de mes dix-sept ans, j’ai perdu Philippe, l’un de mes frères. On avait un an de différence. Il menait ce qu’il appelait “ la belle vie ”. Il vivait de petits larcins, de vols de motos et de matériel hi-fi. C’était en avril 1990 au moment des événements de Vaux-en-Velin et des Minguettes. Un dimanche, on devait partir à la mer, à trois ou quatre et puis ça ne s’est pas fait, je ne sais plus pourquoi…
Quoi qu’il en soit, en fin d’après-midi, il faisait de la moto avec deux potes – une moto volée- et ils se sont faits courser par un groupe de fachos qui les avait repérés et voulaient “ casser de l’arabe ”. La moto s’est renversée et mon frère s’est fait attraper. Ils l’ont tabassé. Il était encore vivant quand il est arrivé à l’hôpital, puis il est tombé dans le coma et il est mort deux jours après. En deux ans, on a perdu quatre membres de la famille. Philippe, puis six mois après, Mohammed l’aîné, s’est tué dans un accident de voiture. Après, ça a été mon père à qui l’on a découvert une tumeur au cerveau six mois avant la retraite et enfin ma grand-mère.
Suite au décès de mon frère, il y a eu une flambée de violence dans le quartier, des manifs au centre ville de Rouen et je me suis retrouvé porte parole d’un peu tout le monde. Mon père, qui a toujours cru en la France et en la justice, m’a demandé de parler et d’appeler au calme.

J’ai grandi d’un coup, en accéléré. Je n’avais pas le choix, c’était le tournant de ma vie. Pour me bouger et me changer les idées, j’ai voulu organiser une “ boum ”. Les boums, tout le monde aime. On est parti là-dessus avec quelques potes, un truc simple. Je voulais également montrer à mes parents que j’essayais de m’en sortir. On a cherché une salle, mais personne ne voulait nous en louer une. Personne ne voulait nous faire confiance. Pour beaucoup, j’étais “ le frère du voyou qui avait récolté ce qu’il méritait ”. On a demandé à un prof’ de nous aider à écrire une lettre, on a fait des photocopies qu’on a envoyées partout, mais sans succès. On voulait organiser une boum et un concours de hip-hop. C’était les années “Sydney ” à la télévision ! Mais personne ne nous écoutait. On est montés à Paris pour voir les gens de SOS Racisme à l’occasion d’un rassemblement pour “ Touche pas à mon pote ”. On a rencontré Harlem Désir et les autres. Mais leur discours, en gros, ça a été : “ On viendra quand il y aura plus de médias et plus de problèmes ”. J’étais un peu dégoûté.
Et puis on a été contacté par un flic, un gars des Renseignements Généraux, qui venait d’être nommé sur Rouen. Il nous avait repéré et il voulait parler avec nous. Bon, à la base, la police et nous, on n’est pas copains, mais il a insisté. On s’est vus dans un café, à côté du quartier. On y est allé à quatre ou cinq, parce qu’on se demandait vraiment ce qu’il cherchait ce type. Mais il avait l’air sympathique et il souhaitait nous tendre une perche. On lui a dit qu’on cherchait une salle, alors il a contacté le cabinet du maire et s’est porté caution pour nous.

A cette époque, à une manif contre les lois Pasqua, on est tombé sur Monseigneur Gaillot et MC Solaar. Ils ont été les premiers à prendre le temps de nous écouter, à nous dire que si on avait une salle et si on organisait quelque chose, ils viendraient nous voir. Tout contents, on a dit ça aux gens de la mairie mais pour eux, on était juste des bluffeurs, alors on a repris rendez-vous et on s’est fait prendre en photo avec ces personnalités. Il faut nous imaginer à trois dans la cabine téléphonique en bas de chez nous. Il n’y avait pas les portables à l’époque ! A ceux qui nous demandaient l’adresse de notre bureau, on ne savait pas quoi dire.
Notre bureau c’était la cabine ! On n’était pas encore en association, on n’avait jamais parlé avec les institutions, la Jeunesse et les Sports ou l’Etat. Ça nous était complètement étranger. Apporter une lettre à la mairie, c’était le bout du monde ! Mais on a appris, peu à peu. On a fait une première boum avec des bouts de ficelle, on a eu 70 personnes. Ça a suffi pour qu’on rencontre les gens du “ Défi Jeunes ” qui attribuaient des bourses à ceux qui avaient des projets. Un jour, au bar PMU, on lit dans le journal un article à propos d’un patron de supermarché qui se plaignait des tags, des vols et de l’insécurité dans son magasin. On a appelé ce monsieur, on l’a vu. Il nous a dit qu’il avait été l’un des rares à oser s’installer dans un quartier comme le nôtre. C’était un magasin de produits pas chers, un “ LIDL ” qui ne faisait pas une grosse marge sur les ventes. Ainsi, les vols et le coût des détériorations le poussaient à mettre la clé sous la porte. On lui a dit que dans le cadre de notre Défi jeune, on avait peut-être une idée.

On lui a proposé de taguer nous-mêmes sa devanture, mais avec un beau tag bien “ flashy ”. Ensuite, on y est allé tous les soirs après le bahut et pendant les week-ends. On se postait devant le magasin et on expliquait aux jeunes l’histoire de la marge. Ça a fonctionné. Il a fini par recruter un gars du quartier pour l’aider au magasin.
Un pas, puis un autre et encore un autre La grande opération, ça a été d’organiser une seconde et énorme boum au Palais des Congrès de Rouen. On a décidé de faire ça un dimanche après midi, de 14h à 20h. Du coup, on a eu une population un peu moins zone et les filles sont venues. Ça a rassuré tous les parents. Au milieu de la boum, on avait prévu une heure avec “ nos vedettes ”, Mgr Gaillot, M.C Solaar et l’abbé Pierre qu’on avait rencontré grâce à Mgr Gaillot. On l’avait vu chez lui. Moi, je ne le connaissais pas. Il nous a raconté son histoire, après c’était le “ big respect ”. Il a sorti son agenda, t’aurais vu les numéros, Claire Chazal et compagnie ! Il a passé deux ou trois coups de fil pour nous arranger. Du coup, on a fait l’entrée de la boum à 20 francs (3 euros) plus un paquet de pâtes pour l’association Emmaüs, histoire de montrer à nos jeunes qui se plaignent tout le temps, mais qui sont toujours biens sapés et ont le couscous à la maison tous les soirs, qu’il y a des gens qui crèvent vraiment la dalle. On a récolté une tonne et demie de nourriture !
Quand je rentrais le soir, que je racontais ma journée aux potes, les premiers temps, c’était “ Waaah ! Le mytho, t’as passé la journée avec Solaar, tu déconnes ou quoi ?! ” Mais à force, tu donnes envie aux autres, à ceux qui restent scotchés au quartier.

Le fameux dimanche, 3.000 jeunes sont venus de toutes les banlieues autour de Rouen. On avait prévu des navettes gratuites et des gars à nous, des “ ambassadeurs ”, dans tous les bus pour épauler les chauffeurs. Un an et demi de travail pour huit heures de spectacle ! Plus on nous mettait des bâtons dans les roues, plus ça nous motivait. On était 200 dans l’organisation, des jeunes, des parents, des profs, des bonnes sœurs, des éducateurs ou des grands frères. On proposait du hip hop, du “ graf’ ” plus Sydney et MC Solaar ! En vrai, pas en chocolat ! France 3 et France Bleu Haute-Normandie étaient là aussi, ils ont bien relayé l’information. On a fait un carton. Je ne dis pas la côte qu’on a eue avec les filles au lycée le lendemain !!! Débarquement Jeunes Mais ensuite, on fait quoi ? L’abbé Pierre nous avait dit que ça serait après le plus délicat. En fait, il y a eu immédiatement une demande incroyable pour qu’on remette ça. On avait généré de la jalousie, des rancoeurs mais aussi beaucoup d’espoir. Quelques mois ont passé et puis on a eu rendez-vous avec Jean-Paul Proust, le préfet de police de Rouen, qui est à Paris maintenant. Il nous a dit que si on voulait continuer, il fallait nous structurer en association.

On a donc créé “ Débarquement Jeunes ” en 1994, parce que la boum était le 6 juin 1993, 49 ans après un autre fameux débarquement en Normandie ! On a voulu s’implanter dans le centre ville pour ne pas rester entre nous et parce que le succès de la boum était pour tout le monde. Quant à moi, j’ai raté mon Bac, mais ce que j’ai fait cette année-là, m’a ouvert de nouveaux horizons.
Je suis devenu éducateur de rue et à côté de ça bénévole à “ Débarquement jeunes ”, deux activités complémentaires. On a ainsi découvert des gens, des mots, des lieux, des institutions que l’on n’aurait jamais imaginés. Au début, toute la paperasse, les demandes de subventions, la comptabilité, ce n’était pas évident. On a pris un comptable pour nous aider et on a appris sur le tas. Quelle aventure ! Et ça fait maintenant dix ans que ça dure. En fait, à Débarquement Jeunes, on est “ l’Internet de la rue ”, des gars qui en savent juste assez sur la société pour aider ceux qui arrivent ensuite. Comme on a appris à se débrouiller et à monter un dossier, demander une autorisation pour organiser une fête, on a su renseigner les autres.
Etre au centre ville, c’était très important aussi parce que ça obligeait ceux de la cité à venir, à sortir de chez eux. C’est cinquante pour cent du travail. Débarquement Jeunes est un vrai centre de ressources. On y trouve des ordinateurs, des logiciels de création musicale, un studio de répétition, une salle d’exposition, des ateliers de graf et nous avons affrété un bus multimédia qui lui, se balade dans les quartiers.
Mon idée à partir de là, lorsque j’ai saisi comment s’entremêlaient les rouages de la société, a été de les faire comprendre aux autres, à ceux qui étaient dans ma position quelques années auparavant. Aux yeux des gamins du quartier, quand tu commences à t’afficher avec des officiels, des autorités, tu passes pour une balance ou un vendu, mais avec ce qui m’était arrivé j’avais une espèce de légitimité. J’avais perdu deux frères en peu de temps et si j’étais là, ce n’était pas pour faire le mariole mais pour faire avancer les choses. Avec la police, de toute façon, le “ deal ” était clair, je ne suis jamais allé seul chez eux, mais toujours en petit comité et il n’a pas été question de travailler pour eux. Les “ forums citoyenneté ”, un outil de médiation sociale. Assez vite, mon objectif a été d’aller dans la cité avec des chefs d’entreprise, des pompiers, des médecins, ou même des flics, des rouages essentiels de la société. On les amène dans le quartier, au pied des immeubles et on organise le dialogue. Car on se côtoie, on s’observe, on s’épie, mais on parle si peu ou alors à l’occasion d’un coup de sang, d’une situation de crise, dans des moments où l’émotion submerge tout. Il fallait changer ça. J’ai l’impression que mon frère est mort parce qu’on ne se connaît pas les uns les autres, parce qu’on vit dans le même pays mais pas la même vie, je me dit que si les “ autres ” savaient quelle vie nous menons, ils sauraient mieux nous comprendre. Dans l’autre sens, savoir que derrière le pompier ou le chauffeur de bus, il y a un être humain qu’on peut respecter, ça peut ouvrir les yeux des “ miens ”. C’est ce qu’on a fait. On a servi de laboratoire. En fait, ce qu’il faut avoir à l’esprit c’est que la banlieue c’est la rumeur, la parano et la notion de territoire : “ Toi tu rentres pas chez moi, on veut pas de toi chez nous ”. Fort Knox. Alors, si on arrive à faire se rencontrer les jeunes et les “ officiels ”, ils ne pourront plus s’ignorer. Le lien les entourera, le dialogue aura commencé. Un pompier qui vient avec nous, lorsque plus tard il sera de permanence dans le quartier et qu’il interviendra pour de bon, peut-être qu’un gamin qui l’aura vu en notre compagnie, osera l’aborder, osera lui dire : “ Viens avec moi, Mamadou est malade, il a avalé des saloperies ” ! Là, on aura gagné.

Maintenant, on se déplace dans les collèges et on donne des “ conférences-spectacle ”. On a imaginé une petite mise en scène où se retrouvent tous les rôles que chacun joue dans la société et les métiers avec lesquels un jeune de la cité est en contact : le chauffeur de bus, le prof, le pion, le maire, le flic, le pompier, l’avocat, le juge, le responsable de magasin, le docteur, etc. On appelle ces interventions, des “ forums citoyenneté ”. Je me présente sur scène avec deux adolescents et on joue un sketch au cours duquel je les entraîne à voler le porte-monnaie d’un petit vieux dans l’autobus. Ensuite, on assiste aux conséquences de ce geste : le monsieur venait de toucher sa pension et du coup, il n’arrive plus à joindre les deux bouts, à payer son loyer, il se fait expulser de chez lui, puis meurt dans la misère. Le docteur et les pompiers arrivent, constatent les faits, la police prend le relais mène l’enquête, les jeunes se font serrer et envoyer en prison. Finalement, on s’aperçoit que les jeunes et le vieux monsieur ont leurs vies gâchées pour trente secondes de connerie. Sous une forme théâtrale où tout le monde se marre, on fait passer beaucoup de messages et beaucoup de conseils. Sans prendre la tête des mômes, ils cernent peut-être mieux la réalité qui les entoure…
Des députés, des ministres, des hauts fonctionnaires, des chercheurs, des journalistes sont venus voir nos “ forums citoyenneté ”. On fait ça depuis plus de dix ans et on en a sensibilisé des milliers de mômes.

J’aurais été content si au moment où je zonais, quelqu’un m’avait montré un truc pareil. Pour cette initiative, on a obtenu le Prix du civisme qui nous a été remis à Paris, par Simone Weil. On avait loué un autobus, emmené nos mamans. Elles étaient fières…
Depuis, j’ai été nommé au bureau du Conseil national de la vie associative. J’étais le plus jeune de France. Pour un gars qui en avait rien à fiche de rien, je ne me suis pas mal débrouillé, c’est sûr. Je suis souvent montré en exemple parce que mon histoire est symbolique mais derrière moi, il y en a des centaines, peut-être des milliers comme moi. Il y a beaucoup d’espoir. J’y crois en tout cas. ”



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3 commentaires pour “Stéphane Méterfi s’est donné comme objectif d’améliorer l’image des quartiers

    • mask

      Une histoire magnifique, merci Stéphane. Il faut du courage et une volonté extraordinaire pour se relever ainsi de la disparition de proches, en montant des projets socio-édu-culturels comme tu l´as fait. Tu es un modèle non seulement pour les jeunes des Cités qui souhaiteraient entreprendre, mais aussi pour l´intégration, la lutte contre le chômage et les inégalités.

      Et merci à vous Thomas Legrain d´avoir publié ce magnifique témoignage.

    • mask

      C’est beau de parler mais en pratique c’est autre chose.
      Je t’ai contacté Stéphane pour un problème de racisme au sein d’Axa France.
      Comme je n’arrivais pas à joindre Claude Bebear que tu te vantes de connaitre personnellement, j’ai fait appel à toi, deux fois tu m’as donné des rendez-vous, auxquels tu n’es jamais venu..ça m’apprendra à m’adresser à la mauvaise personne.

      Au passage, quand Andros vous donne des choses, c’est aux PAUVRES qu’il faut les distribuer, pas aux bénévoles de votre association ! Puisque vos bénévoles ont de quoi s’acheter des compotes…ahlalalala l’argent ça pourrit définitivement les gens.